La Société des grands projets souhaite faire évoluer les outils de modélisation pour obtenir une vision plus riche et plus fine des besoins de déplacement. Pour cela, elle mobilise la Recherche qui développe de nouveaux modèles de trafic multi-agents, et notamment le moteur de calcul Metropolis de CY Cergy Paris Université. C’est en travaillant avec ces chercheurs, pour une toute première application sur des projets de mobilité comme sur le Grand Paris Express ou le SERM Hauts-de-France, que la manière de modéliser les projets avance concrètement.
Les modèles multi-agents prolongent et dépassent les cadres existants en rendant visibles des leviers jusqu’ici mal ou peu pris en compte dans les modèles traditionnels : fréquence et fiabilité de l’offre, qualité des correspondances, accessibilité des gares, continuité entre vélo, train et bus.
Pour les SERM, ces outils constituent un levier décisif. Ils permettent de raisonner à la bonne échelle - celle du bassin de vie - et de dépasser une lecture fragmentée des mobilités, encore largement cloisonnée par modes ou par compétences institutionnelles. En mettant en lumière les usages de mobilité tous motifs sur une journée entière, les effets de fréquence, de régularité et d’interconnexion, ces modèles offrent aux décideurs une base d’arbitrage plus juste pour concevoir des chaînes de mobilité réellement attractives face à la voiture individuelle. Ils ne servent pas uniquement à projeter une demande : ils éclairent les conditions concrètes du report modal et accompagnent la construction de projets de SERM cohérents, progressifs et adaptés aux réalités territoriales.
Cette évolution suppose toutefois un paramétrage fin du modèle, étroitement lié à la qualité et à la maturité des données disponibles sur chaque territoire. C’est cet exercice que la Société des grands projets s’emploie à mettre en place.
« Les modèles ne sont pas figés : on les fait évoluer à mesure que l’on dispose de nouvelles données et de nouveaux retours d’expérience. »