Rendre Possible - Les études au service de la décision publique

Sur le terrain

Évaluer : un enjeu fondateur

L’évaluation des projets de transports consiste à en apprécier la valeur sociétale. Elle se fonde sur un référentiel méthodologique établi par le gouvernement, qui assure la comparabilité des projets. L’évaluation n’est ni un exercice ponctuel ni une simple obligation réglementaire : elle s’inscrit dans un processus continu, conçu pour accompagner les projets tout au long de leur cycle de vie et éclairer les décisions dans des contextes incertains et évolutifs. Les outils d’évaluation eux-mêmes font ainsi l’objet de réévaluations régulières, afin de rester en phase avec les transformations observées sur les territoires et l’évolution des pratiques de mobilité.

L’évaluation ne s’arrête pas à la mise en service des offres : elle se prolonge pour observer les usages réels et accompagner l’évolution des projets. Dès les premiers mois d’exploitation, des diagnostics permettent d’identifier les écarts entre prévisions et pratiques, puis des bilans plus approfondis sont réalisés dans le temps, notamment dans le cadre réglementaire de la loi d’orientation des transports intérieurs (LOTI). Pensée comme un outil d’aide à la décision, l’évaluation alimente des ajustements concrets de l’offre - fréquences, niveau de service, organisation des correspondances ou des rabattements - et introduit de la souplesse dans des systèmes de mobilité appelés à évoluer avec les territoires. Le projet n’est plus figé à sa mise en service : il s’affine et se renforce au contact des usages.

« Le sujet de l’évaluation a été appréhendé très tôt dans le cas du Grand Paris Express, parce qu’il est consubstantiel à la nature transformationnelle de ce projet. »

Dominique Bureau, directeur des études, Société des grands projets

SEPT PROJETS DE RECHERCHE POUR FAIRE ÉVOLUER L’ÉTAT DE L’ART

En 2025, la Société des grands projets a lancé sept projets de recherche, suivis par son Conseil scientifique. Ces études, d’une durée moyenne de dix-huit mois, couvrent l’ensemble des points le référentiel national atteint aujourd’hui ses limites, y compris sur les différentes questions liées à l’évaluation des grands projets.

Trois grands champs sont ainsi explorés :

  • la monétarisation d’impacts environnementaux encore peu intégrés, comme la biodiversité ou l’artificialisation des sols ;
  • le développement opérationnel des modèles multi-agents, notamment la génération de populations synthétiques ;
  • les modèles urbains, capables d’objectiver les effets d’un projet de transport sur la localisation des ménages et des entreprises, la densification autour des gares ou l’étalement urbain.

Au-delà des projets que nous portons directement, ces travaux ont vocation à nourrir l’ensemble des maîtres d’ouvrage et des décideurs publics, en contribuant à faire évoluer l’état de l’art de l’évaluation. Les résultats sont ainsi partagés au sein du comité des utilisateurs du référentiel national, piloté par le ministère des Transports, afin de favoriser leur diffusion et leur appropriation à l’échelle nationale.

La Société des grands projets encadre avec le laboratoire MATRiS (Cerema - CY Cergy Paris Université) une thèse Cifre qui vise à établir le lien entre choc d’offre et changement de comportement de mobilité.