Rendre Possible - Réussir l’intermodalité par les usages

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LÉMAN EXPRESS

Partir des usages pour proposer une alternative à la voiture

Dans le bassin genevois, la saturation automobile a conduit à repenser les mobilités à partir des trajets réels. Le Léman Express constitue aujourd’hui l’une des réponses les plus abouties à cette problématique. Avec 230 kilomètres de lignes et 45 gares réparties entre la Suisse et la France, le Léman Express a profondément modifié les conditions de déplacement à l’échelle du territoire.

Entre Genève et Annemasse, par exemple, le temps de trajet est passé de cinquante à vingt-deux minutes, tandis que le trafic automobile a diminué de 12 %.

Cette transformation repose ici aussi sur une approche centrée sur les usages. Le projet est parti de l’expérience concrète des voyageurs et de leurs chaînes de déplacement. Chaque trajet intégrant des séquences variées, entre marche, vélo, train, correspondances ou temps d’attente, l’intermodalité a été pensée comme un principe d’organisation du parcours. L’objectif consistait à rendre les déplacements plus continus, plus simples et plus attractifs afin d’encourager le report modal. Cette approche a aussi transformé le rôle des gares et de leurs abords, devenus des espaces à part entière, structurant les flux, facilitant les transitions et accueillant des usages multiples. Les aménagements réalisés à proximité ont accompagné cette évolution en proposant des espaces publics conçus comme des lieux de vie autant que comme des espaces de mobilité. La gestion des cohabitations a constitué un autre levier clé. L’attention portée aux vitesses, aux circulations piétonnes et cyclables ainsi qu’aux nouvelles formes de mobilité a contribué à rendre les espaces plus accessibles à une diversité d’usagers, notamment les plus vulnérables. La mise en service a ensuite ouvert une phase d’ajustement. Les usages ont fait l’objet d’observations fines, de jour comme de nuit, permettant d’adapter les aménagements : déplacer un équipement, ajuster une zone de stationnement ou reconfigurer un espace.

L’intermodalité continue ainsi de se construire dans la durée, au plus près des pratiques réelles des voyageurs. Cette capacité d’adaptation a contribué à l’adoption rapide du réseau, qui accueillait déjà 45 000 voyageurs quotidiens dès les premiers mois de mise en service.

EN CHIFFRES

230 km de lignes,45 gares, dont 4 nouvelles souterraines

  • Genève-Annemasse : 50 minutes réduit à 22 minutes
  • 45 000 voyageurs par jour dès mars 2020
  •   12 % de trafic motorisé